Pour un système immunitaire équilibré, un microbiote équilibré

Un système équilibré permet d’apporter la réponse adéquate en cas d’intrusion d’organismes étrangers dangereux au sein de l’organisme.

Nous allons voir que le système immunitaire est réparti dans tout le corps, mais qu’il tient une place prépondérante dans les intestins. Il entretient en outre une relation privilégiée avec le microbiote intestinal.

  1. Notions de base sur le système immunitaire

Le système immunitaire nous protège contre l’intrusion de micro-organismes tels que bactéries, virus, parasites et autres agents indésirables (les antigènes).

Il doit être capable de distinguer ce qui appartient au corps (le soi) et ce qui n’en fait pas partie (le non-soi).

La première barrière contre les substances étrangères est la peau. Puis, une autre barrière est constituée des muqueuses : voies respiratoires, digestives et urinaires.

Dans le sang et les tissus, circulent les globules blancs, prêts à attaquer les micro-organismes qui auraient franchi les premières lignes de défense.

Mais le système immunitaire n’est pas que cela ! En effet, il va se mettre en action dès qu’il détecte une anomalie dans l’organisme.

Il joue donc un rôle lorsqu’il s’agit de réparer les blessures, les dommages aux vaisseaux sanguins, nous protéger contre le cancer mais aussi contre les maladies dégénératives comme les maladies d’Alzheimer et de Parkinson.

Il peut exister différents types de dysfonctionnements du système immunitaire :

– l’organisme se met à confondre ses propres tissus avec un antigène et génère une réponse immunitaire contre lui-même : c’est le cas dans les maladies auto-immunes ;

– l’organisme n’est pas en mesure de générer une réponse immunitaire appropriée contre des envahisseurs : on a alors un déficit immunitaire ;

– il génère au contraire une réponse immunitaire excessive à des gènes inoffensifs : on parle alors de réaction allergique.

Il convient en outre de préciser qu’une réaction inflammatoire appropriée est un mécanisme de protection de l’organisme, qui permet d’attirer les cellules du système immunitaire vers un tissu affecté. Elle est donc bénéfique.

Une inflammation pourra devenir néfaste si elle est excessive ou de trop longue durée (on parle alors d’inflammation chronique ou de bas-grade) et être à l’origine de multiples pathologies et troubles du métabolisme (même une prise de poids).

2. La place prépondérante du système immunitaire dans les intestins

Au niveau des intestins, on retrouve non seulement une paroi recouverte de mucus, barrière naturelle qui va empêcher l’intrusion de substances nocives, mais aussi une multitude de cellules du système immunitaireLa paroi intestinale joue un rôle particulièrement sensible, car c’est elle qui sépare le monde extérieur du monde intérieur.

Il est reconnu que 70 à 80% des cellules du système immunitaires sont situées dans les intestins.

Les cellules du système immunitaire sont situées soit à la surface de la paroi, en lien avec le mucus, soit derrière la paroi, donc à proximité et dans la circulation sanguine.

Deux types de globules blancs situés dans les intestins vont jouer un rôle particulièrement important dans la réponse immunitaire : les lymphocytes B et T.

Les lymphocytes B ont un rôle de reconnaissance des molécules étrangères à l’organisme (les antigènes) et de production d’anticorps spécifiques à leur neutralisation.

Les lymphocytes T seront activés avec la présentation de l’antigène par une cellule présentatrice d’antigène (par exemple un macrophage). Ils vont alors se multiplier. Certains seront dits T helpers (Th) et d’autres T régulateurs (Treg).

Les lymphocytes Treg ont notamment pour rôle de réguler l’activité des lymphocytes Th et éviter des réponses inflammatoires inadaptées (notamment dans le cas de maladies auto-immunes).

L’idée est donc de stimuler la production de ces lymphocytes Treg. C’est ici que le microbiote intestinal peut jouer un rôle intéressant.

3.Liens entre microbiote intestinal et immunité

Ces liens sont à double sens.

En effet, il est reconnu que le système immunitaire supervise la composition du microbiote intestinal,notamment au moment de la naissance, puis au contact du monde extérieur.

Mais ce qui nous intéresse ici, c’est l’impact que peut avoir notre microbiote intestinal sur l’équilibre du système immunitaire.

Je vous ai déjà parlé de l’état de dysbiose, caractérisé par un déséquilibre en quantité et/ou en qualité du microbiote intestinal. La dysbiose peut avoir de graves conséquences sur le système immunitaire intestinal, qui sont essentiellement de trois ordres :

– une altération du mucus, barrière de défense contre l’entrée des substances pathogènes ;

– un mauvais renouvellement des cellules intestinales et donc une paroi intestinale de moins bonne qualité ;

– une altération des jonctions entre les cellules intestinales, induisant une « hyperperméabilité intestinale » et donc ici encore l’entrée dans l’organisme d’éléments indésirables.

On dit d’ailleurs que l’intestin est un écosystème qui repose sur un trépied constitué du microbiote intestinal, de la muqueuse intestinale et du système immunitaire intestinal. Les trois sont étroitement imbriqués et sont à la fois cause et conséquence de troubles.

L’idée est donc, comme toujours, de stimuler les bonnes bactéries de la flore intestinale, pour éviter la prolifération de bactéries pathogènes, à l’origine d’une dysbiose.

La nourriture préférée de nos bactéries : les fibres. Je vous rappelle donc que les fibres, non absorbées au niveau de l’intestin grêle, vont fermenter dans le côlon grâce aux bactéries, ce qui va permettre la production d’acide gras à courte chaîne (AGCC).

Or, les AGCC sont très favorables pour le système immunitaire, puisqu’ils vont permettre le renouvellement des cellules intestinales ainsi que l’augmentation de la production et de la diversité des anticorps et des lymphocytes Treg évoqués plus haut.

De même que l’apport de fibres est intéressant pour les lymphocytes T régulateurs, une alimentation inadaptée pourra déséquilibrer les Tregs. Citons notamment parmi les agents nocifs à ce titre : le gluten et les produits laitiers.Comme toujours, nous en revenons à l’alimentation. Celle-ci est la clé qui permet aux cellules de notre organisme de fonctionner correctement. Et lorsque l’on parle de nutrition fonctionnelle, l’idée est d’utiliser l’aliment pour rétablir les fonctions de l’organisme.